dimanche 30 septembre 2007
Microsoft en quête d'idées
Par Sun Wukong, dimanche 30 septembre 2007 à 15:44 :: Informatique
Je viens de participer à une petite enquête d'opinion sur le web portant sur le récent jugement de la cours européenne de justice qui vient de statuer sur les pratiques anti-concurrentielles de Microsoft. Oh pardon ! Sur certaines pratiques anti-concurrentielles de Microsoft. Il ne faudrait pas tout d'un coup s'imaginer que la firme de Redmond se trouverait exonérée de sa politique globale alors que le jugement portait uniquement sur deux chefs d'accusation :
- l'utilisation de sa position dominante sur le marché des systèmes d'exploitation sur micro-ordinateur pour pirater (dans le sens de s'accaparer le marché des lecteurs multimédia logiciel avec son produit Microsoft©®™ Media Player©®™.
- la non-divulgation de certaines API (interfaces de programmation) qui permettraient à de potentiels concurrents de concevoir certains types d'applications sur lesquelles le monstre est en situation de quasi-monopole de fait.
Pour info, on trouve encore souvent sur le Net des gens à priori économiquement neutres qui ne comprennent pas ce genre de démarche entreprises par des administrations ou d'autres multinationales. Ils geignent alors, craignant vraisemblablement que l'on blesse l'entreprise qui leur a apporté tant de technologies qu'ils ont mis tant de temps à s'approprier. Et ils sont fiers d'expliquer à leurs voisins que tel anti-virus est meilleur que tel autre, qu'il faut défragmenter régulièrement son disque dur et ce genre de pratiques qui rappellent notre bon vieux XXème siècle 
J'en ai entendu parfois s'écrier tout fort sur le ton de la victoire que « Netscape c'est nul ! » Qu' « Internet Explorer a gagné la guerre des navigateur ». Mais les simplets ne sont jamais posé la question de savoir pourquoi. Rappelons-le à tout hasard : en pré-installant son produit sur tous les PC pré-installés avec Windows, Microsoft a fourni à ses clients un navigateur opérationnel. La culture informatique de ceux-ci ne leur a pas permis de s'interroger et de remettre en cause la nature de ce « cadeau tombé du ciel ». Auraient-ils eu le choix qu'ils auraient peut-être acheter un magazine vendu avec un CD gorgé de freeware/shareware ? Mais de cela, il n'était plus besoin : le système venait avec un navigateur « dans la boîte ». Et ainsi Netscape s'est ramassé sur le marché des navigateurs. Et ainsi Microsoft ne s'est-il senti le besoin d'innover sur le très jeune marché du web : il avait déjà tué ses concurrents. Pour rappel, ce n'est que parce que des esprits brillants, novateurs et motivés se sont regroupés dans la fondation Mozilla pour produire un produit efficace, sécurisé et innovant : Firefox, que Microsoft a été contraint de rattraper son retard considérable en la matière. Tout d'abord en bouchant des trous de sécurité identifiés depuis les lunes dans son navigateur, puis en sortant une nouvelle version (v7) de son navigateur qui n'a nullement cherché à devancer son concurrent,essayant juste de combler le retard. Entre-temps, les développeurs de sites web ont bien compris tout le bienfait du respect des standards des technologies qui font le web (HTML, XHTML, XML, CSS) et pour le bénéfices de tous, Microsoft a été contraint de suivre cette voie plus ou moins bien, plutôt que de réinventer des extensions propriétaires à ces technologies, comme il l'avait fait à maintes reprises par le passé.
Rappelons « à tout hasard » que ce n'est pas sur d'autres qualités que Windows est devenu le système d'exploitation de la très grande majorité des PC : il était et est toujours vendu pré-installé sur les ordinateurs vendus par les plus grands fabricants, dans les supermarchés généraux comme Carrefour, dans les supermarchés spécialisés comme Fnac, par correspondance chez les plus grands de la VPC, ou par les plus grands cyber-marchands.
En procédant à la même vile manœuvre, cette fois avec Microsoft Media Player, la firme à la fenêtre a tenté de monopoliser à son avantage le marché des médias. Oh, pas seulement des lecteurs de fichiers multimédia. L'enjeu n'est pas tellement là. Non, il est dans le marché des médias : celui des produits culturels commercialisés par les plus grandes (en volume, s'entend) maisons de l'édition musicale ou de l'industrie du cinéma. En effet, avec un tel autre piratage du marché, Microsoft aurait été l'unique interlocuteur du monde informatique à négocier avec les industries du film ou de la musique. L'unique entreprise à se partager un gâteau fantastiquement énorme à ce moment de l'Histoire où les médias se dématérialisent petit à petit, mais une fois pour toujours. Ces producteurs de média auraient donc acheté les technologies de protection de médias de Microsoft (comme si l'Histoire avait montré les capacités de M$ à sécuriser quelque chose) et ensuite, même sur les plate-formes non développées par Microsoft, il aurait fallu mettre en place ces solutions de protection (les DRM) et verser des royalties au Pirate.
Pour en revenir à ce sondage d'opinion, j'ai ainsi découvert au fil des questions que Microsoft en était le commanditaire et qu'il cherchait à connaître la température des internautes en fonction dans un premier temps du jugement de la Cour Européenne, de potentielles réactions envisageables par MS après la publication de ce jugement (appel ou pas, nature d'un communiqué au cas où, …). La plupart des arguments était d'un faux-cul incroyable, à l'image de bon nombre de commentaires que l'entreprise a déjà pu faire sur des sujets comme sa situation de monopole ou encore sur la soit-disant nécessité de standardiser un deuxième format standard pour les documents de bureautique, incompatible avec l'existant. On sentait bien l'esprit qui l'habite depuis le début, à l'époque où Gates écrivait "An Open Letter to Hobbyists" (3 février 1976), cet esprit faussement-Caliméro « C'est vraiment pas juste ! On est des gentils… Pourquoi qu'on nous zembête ? »
Et si seulement tout le monde pouvait répondre comme moi, Microsoft n'aurait plus qu'à rentrer à la maison la queue basse, pleurer un bon coup et ressortir la planche à dessin pour se remettre au travail. 
Le bureau 3D est activé par défaut. Mais bon, je ne trouve décidément pas compiz/beryl très stable
. Le gestionnaire de fenêtres se fait la
malle relativement souvent.