mercredi 25 juillet 2007
Le cycle annuel des hormones
Par Sun Wukong, mercredi 25 juillet 2007 à 13:17 :: Sous le signe de l'Hexagone
Et voilà que le Tour de France est à nouveau souillé par la récurrente histoire du dopage. Depuis une dizaine d'années que le feuilleton se poursuit, les organisateurs n'ont de cesse de proclamer à chaque départ du Tour que « celui-ci sera un exemple de propreté ! », « que cette année, toutes les mesures ont été prises pour que ... ».
Il faut quand même faire une pause pour penser à tout ça calmement. Je ne vois que deux alternatives : soit les organisateurs sont de doux rêveurs qui ont réussi à s'auto-persuader que le dopage appartenait au passé, soit ces gens-là se foutent complètement de la gueule du public en ressassant les mêmes rengaines (et de fait les mêmes mensonges) sans avoir pour autant réussi à mettre en place un système fiable pour filtrer le grain de l'ivraie. Car comment considérer l'épreuve comme crédible quand le Maillot Jaune actuel, Rasmussen, a joué au chat et à la souris avant le Tour pour échapper aux contrôles inopinés durant sa préparation ? Que penser de la Rabobank, le sponsor du Rasmussen, qui considère illégaux ces mêmes contrôles inopinés ?
Une remarquable réaction, à mon sens, a été prise par les télévisions publiques allemandes : arrêter la retransmission du Tour. Ils avaient clairement annoncé qu'ils le feraient en cas de dopage ou même de suspicion de dopage et ont tenu leurs engagements. Je n'arrive d'ailleurs pas à comprendre que certains journalistes en soient surpris. J'entendais même le Laurent Fignon trouver regrettable une telle décision. Et si le blaireau n'était pas Bernard Hinault ? Il semble que tenir ses engagements ne fasse pas partie des valeurs universelles... L'argent par contre... Car le Tour de France est une machine à fric. Je voudrais bien connaître la somme des montants engagés et suis prêt à parier qu'il y a là de quoi construire un hôpital chaque année...
Alors qu'en penser ? Pour ma part, tous les sportifs devraient être contrôlés avant leurs épreuves. Je ne vois que ça. C'est lourd et contraignant mais comment faire autrement pour pouvoir admirer ces gens qui repoussent toujours les limites humaines ? Sinon, ils ne restent qu'à baisser les bras et admirer les performances de tel ou tel laboratoire pharmaceutique, de tel ou tel industriel agro-alimentaire. Mais si les résultats sportifs « ne reposent plus que » sur les capacités physiques et mentales des coureurs, les sponsors vont-ils encore investir sur ce fragile et intangible critère ?
Mon petit frère a fait du cyclisme un temps avec son beau-père. Se lever tôt le samedi matin pour retrouver la bande de joyeux compagnons sur le cycle au point de rendez-vous. Rouler ensemble sous le soleil de Provence. Rigoler, se donner de bonnes claques viriles dans le dos pour se féliciter, ... Un petit goût de bonheur ? Sauf que même dans ce petit milieu de copains, les types prennent des cachetons pour booster leurs performances... Et je ne doute pas que ce comportement soit une exception. Personnellement je trouve que le dernier au classement du Tour de France a autant de mérite que le premier. La mentalité actuelle est de gagner. Le héros, c'est le gagnant, le premier. On est là bien loin des valeurs du sport prônées par Pierre de Coubertin : « L'important, c'est de participer ».
Pour finir, je voudrais immortaliser dans le cyberspace une parole de Je-ne-sais-qui, organisateur du Tour de France ou responsable d'une équipe : « Ils [les coureurs] jouent à la roulette russe. Il va falloir que ça leur rentre dans le crâne ! »